Mercredi 14 octobre 2026, Salle Nougaro, Toulouse. 

Automne 1986, le poète et chanteur Claude Nougaro devient le parrain d’une nouvelle salle de spectacle à Toulouse. 40 ans plus tard, nous inaugurons donc ce soir une nouvelle saison artistique avec la venue du chanteur Ben L’Oncle Soul.

L’accueil est ici, toujours aussi chaleureux et bienveillant.
Les mots du président de l’association et de la directrice artistique viennent ouvrir la soirée, en présence dans les gradins de Hélène NOUGARO, chaudement applaudie.
Le plateau est prêt pour accueillir notre quintet, sous les vieux spots halogènes tamisant la lumière et offrant une atmosphère feutrée.

Les premières notes donnent la couleur à l’ensemble. Une soirée groovy et dansante.

Petit amuse-bouche avant un des titres phares, Petite Sœur, qui a fait le succès de son premier album éponyme.

La mélodie soul s’installe, chaque instrument vient trouver sa place pour venir accompagner cette voix incroyable, légèrement rauque nous rappelant parfois le timbre d’Otis Redding.
Un mélange de ferveur et de sensibilité qui nous plonge dans le son Sax des années 70.

Sur scène, le sens du rythme aiguisé de notre héros du soir lui permet des pas de danse chaloupés et parfaitement raccords avec les temps forts des musiciens.
Aucune théâtralisation, le mouvement vient répondre à une pulsion intérieure et naturelle.

Quand vient une ligne de basse connue de tous.
Reprise d’un tube planétaire, Seven Nation Army des Whites Stripes.
La batterie comme métronome, les riffs de guitares saturés, le clavier aux sonorités liturgiques et des effets de profondeur et de reverb dans la voix qui lui donne un côté encore plus aérien.
L’ensemble des arrangements est totalement singulier et apportent une couleur particulière à cet hymne de stade.

D’une grande générosité avec le public, Ben ne tient pas en place.
Il se remue sans cesse et son agitation est contagieuse.
Jusqu’à nous pousser…
« Vous avez envie de bouger ? »
Réaction chaude du public.
« Alors tout le monde debout. »
Simple et efficace.
Et le public s’exécuta pour un morceau endiablé.
Il enchaine avec un titre aux sonorités reggae plus lentes et langoureuses qui permet à tout le monde de se rasseoir tranquillement.

Il continue les échanges avec des jeux de vocalises avec le public rappelant Cab Calloway dans Minnie the Moocher.

Et poursuit avec des remerciements appuyés.
« Merci de faire confiance aux artistes. 
Merci de remplir les salles. 
Merci d’être sortis de chez vous sans avoir peur du grand méchant loup. »

Puis vient le moment de la chanson qui l’a fait connaître, Soul Men.
Sauf que, vu que tout le monde la connait, il modifie les arrangements en pleine chanson.
Juste à la fin du premier couplet, il s’arrête…
« on va le faire en plus rapide,… 3,4 » et ça repart avec un tempo accéléré, une touche ska qui fait à nouveau lever le public et relance son enthousiasme.
Une grande maitrise pour donner l’illusion d’une grande spontanéité.

La fin du set mélange des passages psychédéliques avec solo de guitare électrique jouant sur les distorsions et les effets,avec des moments beaucoup plus calmes et dépouillés, comme le rappel où Ben est seul, sans micro, accompagné d’une nappe au piano.

Une dernière chanson (pour la route) qui se transforma en un autre moment d’échange.
Où comment transformer un imprévu technique en instant d’échanges spontanés.
Des craquements sont entendus, il coupe son flow et la chanson pour interagir avec la régie et les spectateurs.
Un joli moment inattendu qui renforça le caractère sympathique et bienveillant de cet artiste inclassable.

Deux dates étaient prévues dans cette Salle Nougaro.
Il nous dit donc: « A demain »

Une soirée vivante et sincère, parfaite osmose pour débuter une nouvelle année musicale et fêter le 40è anniversaire d’un lieu intimiste.

Merci la Salle Nougaro.
Merci Ben l’Oncle Soul.

Texte et photos : Nicolas Arnal