Lundi 28 septembre, le Bikini, Toulouse.

La jauge est complète ce soir au Bikini, pour accueillir le mythique groupe Néo-Zélandais Fat Freddy’s Drop.
Qui dit « jauge complète », dit « vient plus tôt pour célébrer aussi la première partie et prendre une bonne place ».

La mission fut remplie et nous pûmes attendre sagement en musique avec MC Slave. Un DJ set reggae en première partie pour nous mettre dans l’ambiance roots et l’énergie joyeuse.

L’heure fatidique arrive doucement… MC Slave introduit le groupe et laisse la place à 8 musiciens.

Fat Freddy’s Drop est de passage à Toulouse pour la promotion du 20ème anniversaire de leur premier album studio « Based on a True Story« .

Les premières notes de clavier de Ernie, (chanson démarrant l’album) sont marquantes et reconnaissables.

Le public ne s’y trompe pas et explose. Ça y est, la connexion est faite, le voyage va pouvoir commencer. Et quel voyage !!

Nous sommes passés par de nombreuses contrées. Ce groupe est littéralement inclassable et les influences sont nombreuses et diverses.

On attaque donc par une grosse base reggae mêlée d’arrangements electro avec beaucoup d’effets. Saturation sur les guitares et beaucoup de reverb qui renforcent le côté aérien et planant. La suite fut riche en variétés sonores véhiculées par la pluralité des musiciens.
Un guitariste garant du rythme reggae à contretemps avec son riff skank, incisif et puissant.
Une basse lourde et un clavier funky aux effets psyché et vintage.
La batterie en métronome et une formidable section cuivre avec sax, trompette et trombone qui vient « jazzifier » la sauce. Enfin, en maître de cérémonie, le chanteur et guitariste Dallas Tamaira alias Joe DUKIE, leader charismatique à la voix de velours. Son timbre soul, grave et puissant nous enrobe dans une couverture feutrée très chaleureuse.

La suite du voyage nous fait passer du reggae au dance-hall, vous me direz, « on est toujours en Jamaïque ».
Et on y reste quand les envolées planantes et les moments de transe suspendus se terminent en version dub tels les sound system de Kingston. On continue avec une balade blues qui se transforme en afro beat suivant la cadence du batteur qui accéléra le tempo.
Puis enfin un interlude electro jazz se terminant avec seulement 4 musiciens pour un effet minimaliste.
Une batterie légèrement en retrait laissant la place à de grosses basses profondes, le chanteur jouant avec les sample de sa voix et le tromboniste triturant un harmonica comme tapisserie de fond.

Une fusion des genres pour une liberté d’expression totale.

Ils ne posent aucune limite dans la création et proposent une alchimie où le groove est roi. La fin du set permet de renforcer les liens complices avec un public de connaisseurs qui reprend les refrains en cœur.

Le tromboniste, sautillant depuis le début du concert, tombe la veste et franchit les crash pour fendre la foule et rejoindre la régie, armé de son énorme tuba.

La fosse est en feu et le plaisir est réciproque.

Les artistes en témoignent, ils sont vraiment contents d’être ici, et remercient (comme beaucoup d’artistes) le Bikini pour la qualité de l’accueil et de la nourriture notamment.

Ils choisissent de clore le show en rendant hommage à leur DJ et fondateur du groupe, Chris FAIUMU, alias DJ Fitchie disparu en juillet 2025.

Nous demandant de crier « MUUUUUU » ({mou} en phonétique, son surnom) réalisant un selfie avec le public.

Leur dernier passage à Toulouse datait de 2013, où j’y étais déjà… Espérons qu’ils repassent avant 2039…

Ce fut un grand moment de générosité pour une expérience captivante et hypnotique.

Après de nombreux concerts en extérieur pour les festivals d’été, vraiment ravi de revenir dans cette salle à l’acoustique si particulière.

Merci le Bikini,
Merci Fat Freddy’s Drop.

Texte  : Nicolas Arnal