Mercredi 7 octobre 2026, le Bikini, Toulouse.
« On va faire corps ensemble.
On va faire partie du même groupe ce soir. On donne tout, si vous donnez tout !!! »
L’entrée est fracassante et le ton est donné. FFF est de retour au Bikini et va clairement nous secouer.
Yarol POUPAUD, notre Guitar Hero du soir attaque en trombe avec des effets wah-wah vertigineux.
Le début du concert est rude sur l’os. Du garage rock agressif qui nous fait décoller les semelles du sol dès les premières minutes.
Le groupe n’est plus à présenter et vient nous prouver ce soir que sa réputation puissante de « groupe à voir en live » est bien réelle.
L’énergie est sauvage et les accoutrements punk.
Des couvres-chef improbables et des torses nus très vite ruisselants… tout cela dans un grand bordel bien plus organisé et calibré que l’image trash qu’ils veulent bien en donner.
Les chansons s’enchainent et les pauses sont minces… juste assez pour reprendre son souffle avant un autre « head bang ».
Marco Prince, le chanteur, chaussant parfois une guitare ou un trombone, vient nourrir le spectacle de toute sa présence animale et magnétique. Le mélange de sonorités illustre parfaitement la théorie conceptuelle du groupe.
FFF comme Fédération Française de Fonck, néologisme entre Funk et Rock.
En effet, on sent bien les influences, entre Jimi Hendrick et George Clinton. Un son brut et épuré, une basse rebondissante et groovy de Niktus, des riffs lancinants et grinçants où la saturation des guitares devient un dogme.
La sauce peut parfois virée métal, quand les guitares et la batterie deviennent lourde et la voix plus grave.
Ou bien carrément jungle avec un clavier enflammé, une grosse ligne de basse et une batterie saccadée et puissante.
Une grande alchimie métissée pour dérouler l’œuvre dans son ensemble.
Les titres des derniers albums mais aussi les plus anciennes pépites du premier opus Blast Culture sorti en 1991 comme Ac2n ou Requiem pour un con, reprise de notre Serge national.
Les fans les plus anciens furent totalement conquis avec l’arrivée des standards, Le pire et le Meilleur, Niggalize It (dont le refrain est une reprise de Legalize It de Peter Tosh) mais surtout Barbès qui finit d’enflammer la fosse déjà ardente.
Avec un rappel plébiscité et quelques interludes avec Krichou le batteur nous interpellant et nous invitant à nous exprimer en 2027 « tant qu’on en a encore le temps »… l’émotion fut grande et les jambes épuisées. Ce fut la promesse d’ouverture… ils ont tout donné et nous aussi…
Petite aparté non négligeable, en tout cas dans la qualité de l’expérience du spectacle vivant, il est fortement appréciable de revoir ces groupes des années 90, car le public a vieilli aussi et il y a du coup, beaucoup moins d’écrans dans le champ de vision. (Bisous la Gen Z, on vous soutient à fond en ce moment mais pour la place des écrans pendant les concerts et le rapport aux souvenirs, nous ne sommes clairement pas sur la même longueur d’ondes !!)
Des remerciements sincères à tous les membres de l’équipe, des techniciens visibles ou invisibles jusqu’au chauffeur du bus, une prestation intense qui nous a fait transpirer.
Une énergie contagieuse et une générosité sans demie mesure.
Merci FFF.
Texte : Nicolas Arnal
Photos : Nicolas Alléguède


























