Mardi 14 avril 2026, Toulouse, Le Bikini
Arrivant sur une musique de music hall, créant ainsi un décalage avec ce qu’on aurait pu attendre, le groupe de rock britannique FRANZ FERDINAND débarque au Bikini pour la promotion de leur 6ème album The Human Fear sorti en 2025.
Après ce petit interlude d’entrée de quelques secondes, le show attaque tambours battants avec une saturation de guitare électrique à la limite du supportable.
Les cinq musiciens originaires de Glasgow, adoptent une attitude et une garde-robe « So British » avec chaussures en cuir cirées, santiags léopard (!!!) et chemises cintrées parfaitement ajustées.
La scénographie est tout en volume avec une scène rehaussée pour la batteuse alors que les 4 musiciens sont « au sol » avec tout de même un revêtement en lino gris mis en place pour l’occasion.
Un socle de trois grandes marches est positionné dans l’angle.
Enfin, l’ensemble est surmonté d’un portique de plus de 4 m de haut traversant l’intégralité de la scène.
Le trio de guitare (dont une basse) est au front, le clavier en retrait, alors que la batteuse est au fond sur son piédestal.
Le meneur et chanteur, Alex Kapranos arrangue le public qui monte en puissance.
Le son très rock est reconnaissable des les premières notes.
Franz Ferdinand, s’inscrit dans cette grande lignée de formations rock tels que Talking Heads (dont ils proclament eux-même la filiation), ou les Kinks.
Tous les échanges avec le public sont en français. En effet, notre leader, maîtrisant parfaitement notre langue, nous remercie de notre énergie, de notre voix…
et du fait que le public ne se serve que très peu des téléphones…
« C’est cool ça!! » dit il.
« Et si vous voulez les laisser dans la poches pour la prochaine, ça serait super… »
Et là arrive le raz-de-marée… LE mega tube interplanétaire Take me out, sorti en 2004 sur leur premier album, qui propulsa Franz Ferdinand sur la scène internationale.
Le public est retourné et a vécu un grand moment d’instant présent.
Sans se préambule, la salle aurait été tapissée d’écrans…
Comme pour mieux forger un souvenir alors qu’il ne demande qu’à entrer directement dans notre cerveau sans vitrage interposé.
Cette remarque presque politique, (comment veut on se créer des souvenirs, avec nos sens ou bien à travers un stockage nuageux) me fait comprendre le point de vue du chanteur.
J’imagine qu’il est toujours plus agréable de voir des visages plutôt que des dos d’iPhone…
Chacun méditera et saura se remettre en question.
Capter un souvenir pour le partager est une chose, passer tout le concert à regarder à travers écran en est une autre.
La ferveur se poursuit sur le reste des morceaux qui alternent entre tubes des années 2000 et nouveaux titres de leurs dernier opus.
Tous les quatre se regroupent autour de la batterie, chacun jouant d’un tome, pour une fin de morceaux très énergique.
Ils reviennent pour une ballade en hommage à une fille de Glasgow nommée Jacqueline.
Techniquement, le show est millimétré, les chorégraphies sont synchronisées avec les tempos où chaque saut du chanteur vient se caler sur une frappe du batteur.
Le jeu de scène est à la fois énergique et décontracté, les guitares sont affûtées et la basse ravageuse.
L’alchimie fonctionne parfaitement, le son est bon, le plaisir est là…
Que demande le peuple… moins d’écrans dans les fosses ?
Merci Franz Ferdinand.
Texte : Nicolas Arnal
Photos : Nicolas Bouchet








































