Il y a des artistes qui prennent le temps.
Le temps de construire, d’observer, de douter aussi.

Avec High Hopes, HolyBrune livre un premier album à son image : sensible, élégant et traversé par une forme de tension sensuelle entre espoir et lucidité.

Une musique qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui installe une atmosphère.
Quelque chose de feutré, presque fragile, où chaque détail compte.

On avait envie d’aller un peu plus loin que la simple écoute.
Comprendre ce qui se joue derrière ses morceaux, ce rapport à l’époque, aux émotions, à la création.

On a donc pris le temps d’échanger avec elle.

——
High Hopes, c’est un titre qui sonne presque ironique aujourd’hui… c’est un espoir réel ou une forme d’autodéfense ?

C’est une nécessité : le terreau du « tout est possible ». J’en suis venue à cette conviction que tout devient possible à partir du moment où l’on commence par y croire.
Cette porte doit toujours rester ouverte, et la boussole constamment orientée vers l’optimisme. C’est comme ça que cet album a vu le jour.

Tu fais une musique très élégante mais souvent traversée par une forme de mélancolie. C’est un contraste que tu recherches ou que tu subis ?

J’écris ma musique de façon instinctive (paroles et toplines) , sans chercher à analyser le processus au départ. Donc si cette mélancolie transparaît, je pense qu’elle vient simplement de quelque chose que je porte en moi.

Est-ce que faire de la musique aujourd’hui, c’est encore un rêve ou déjà une forme de résistance ?

C’est un besoin! C’est mon espace de liberté dans la vie, mon echappatoire.
Elle m’aide à traverser plein de choses, donc oui il y a aussi une forme de résilience et de resistance dans le processus.

Tes morceaux donnent l’impression que tout est maîtrisé… mais qu’est-ce qui t’échappe encore aujourd’hui ?

Ahah, c’est intéressant… je crois que ça me fait plaisir que ça donne cette impression, parce qu’en réalité j’ai plutôt le sentiment de ne rien maîtriser quand je crée. J’ai une idée que j’essaie de retranscrire au plus juste, mais je me confronte toujours à la réalité, et j’apprends à accepter le résultat tel qu’il est.
Pour moi, une étape essentielle du processus, c’est justement d’accueillir la beauté comme les défauts de ses créations, plutôt que de chercher la perfection, et d’oser les partager.
Dans la vie en général, j’ai l’impression de contrôler très peu de choses. La seule chose que je peux contrôler, c’est mon état d’esprit : rester positive, continuer à m’émerveiller chaque jour. Tout le reste… c’est une belle improvisation.

Est-ce que tu écris pour comprendre ce que tu ressens ou pour le tenir à distance ?

L’écriture a en effet une fonction cathartique. Mais je ne me pose pas vraiment la question sur le moment : comme je disais, je fonctionne beaucoup à l’instinct. Il m’arrive d’avoir des élans d’écriture qui m’aident à digérer mes émotions et à prendre du recul. Je fais d’abord, et je réfléchis ensuite.

Il y a une vraie cohérence esthétique dans ton univers. Tu construis tout comme un projet global ou ça se fait instinctivement ?

Sur cet album, ça s’est construit étape par étape. J’avais une esthétique globale en tête, mais les visuels se sont développés au fur et à mesure, sans être pensés comme un tout dès le départ. Chacun a sa propre histoire de création.
Plusieurs réalisateurs et réalisatrices ont d’ailleurs apporté leur univers, et deux des clips ont été tournés à l’étranger, à Los Angeles et à Tokyo.

Ça m’intéresserait dans le futur de penser un visuel d’album comme un tout.

C’est quoi ton plus grand risque artistique aujourd’hui ?

Je trouve que choisir une vie d’artiste est déjà un risque en soi. Rien n’est vraiment stable ou prévisible. Mais pour moi aujourd’hui le vrai enjeu c’est de continuer à prendre des risques créatifs, sans me reposer sur mes acquis.

Si ‘High Hopes’ était une étape… la suite serait plus sombre ou plus lumineuse ?

Je vais vers la lumière et l’amour, je pense que le monde en a cruellement besoin, j’en ai besoin. Les chansons d’un artiste c’est un peu comme des incantations, elles te suivent, tu peux les chanter pendant des mois, des années, toute une vie, avec de la chance. A mon sens le poids des mots et de ce qu’on répète nous impacte. J’ai envie que les chansons qui m’accompagnent sur ma route soient lumineuses.

« High Hopes » est disponible partout — à découvrir juste ici :

Propos recueillis par Nicolas Alléguède