Samedi 14 mars, Toulouse, le Bikini.
La scène est plongée dans un fond de lumière bleue, accompagnée de cris de loup et de notes planantes…
Une scénographie sobre mais terriblement efficace composée de panneaux pivotants toute hauteur.
Un côté miroir et un côté « moumoute » comme deux faces d’une personnalité multiple…
Arrivée discrète par le côté, Sébastien Tellier entre dans une lumière rouge hypnotisante et stroboscopique, complétant quatre autres silhouettes noires découpées dans la lumière.
Une intro instrumentale de six minutes pour piste de décollage.
Le voyage s’annonce aérien et lunaire.
De nombreuses chansons d’amour langoureuses et parfois burlesques nous invitent sur des nappes planantes, à la rêverie et à la légèreté.
Certaines sont tirées de son dernier album Kiss the Beast, et l’ensemble explore différents territoires entre folk, pop et musiques électroniques.
Quand vient le moment de grâce, reconnaissable dès les deux premières notes. Chanson mythique et universelle, « La Ritournelle » en version solo au piano, sensuelle et douce,
Le tout dans cette lumière bleutée et aérienne.
Un instant suspendu et magique et ce malgré l’absence de la ligne de batterie (composée à l’origine par Tony Allen, âme rythmique de Fela Kuty et inventeur de l’afrobeat)
Remplacée par des silences puissants que certains spectateurs ont parfois du mal à savoir apprécié….
Sébastien Tellier nous propose une prestation intense parfois énigmatique… Tel un personnage de cabaret, chanteur, multi-intrumentiste et show man.
Il échange avec le public, vantant la qualité de l’accueil, de la piscine… et du vin. Un passage lunaire et drôle sur la situation dans le monde… et l’interlude prend fin.
Une dernière ambiance club avec des basses énormes pour lancer le public vers d’autres cieux.
Il revient finalement pour un ultime rappel proposant une partition de blues symphonique.
La palette du soir est large et notre génial performer et ses talentueux musiciens nous régalent et le public en redemande.
Véritable dandy romantique très à l’aise sur scène.
Un artiste aussi éclectique que surprenant,
Une posture aussi charismatique que vulnérable.
Le show finit par un visuel d’un immense cœur noté « gros bisous »
Aussi sincère que burlesque et kitch.
Une posture punk nonchalante…
mais la veste en cuir, elle est doublée de vison.
Merci Sébastien Tellier.
Texte : Nicolas Arnal
Photos : Nicolas Bouchet

















