Dimanche 2 février, Toulouse, le Bikini.
Entrée fracassante pour un concert aux accents surréalistes.
Pete Doherty déboule sur scène, la dernière chanson de la première partie (assurée par Luvcat) à peine terminée…
Dans son style toujours désinvolte. Il nous propose avec son ami Jack Jones une lecture d’un fanzine écrit pour l’occasion.
A chaque étape, une création… Toulouse est la deuxième date de la tournée après Nantes hier soir.
Le temps de meubler pour la mise à place de la scénographie…
Il revient sur scène sur un air de valse, allure de dandy rock, costume noir, casquette béret vissée sur la tête, et accompagné d’un groupe de rêve, Mike Joyce (The Smiths) à la batterie, Mike Moore (Liam Gallagher) à la guitare, Mark Neary (Noel Gallagher, Adele, Baxter Dury) à la basse et à la pedal steel, Jack Jones (Trampolene) à la guitare, et Katia deVidas, aux claviers.
Fort de la sortie de son dernier album solo, Felt Better Alive, opus salué par le public et la critique, Pete Doherty garde toujours ce timbre de voix si particulier, si singulier.
La musique oscille entre folk acoustique et rythmes blues et country.
Le tout transcendé par une première ligne rythmique incroyable, les trois guitaristes, véritables gardiens du temple qui assurent la structure et permettent à notre électron libre d’évoluer au gré de ses envies…
Imposant son propre tempo, alternant pas de danses hésitants, voire instables avec perte d’équilibre tel un funambule « chaplinesque »…
Il marche sur un fil et enchaine les interprétations parfois très théâtrales.
Un exemple concret de surréalisme…
Une chanson se termine…
On entend un bébé pleurer en coulisses…
La clavieriste s’échappe…
…
Pete chante une berceuse,
Le public explose de rire…
Un moment suspendu.
Que dire quand il revient sur scène pour le rappel accompagné de son chien,
Prenant une guitare électrique pour la première fois de la soirée et la lança en fond de scène à la fin du morceau…
Rattrapée in extremis par un technicien concentré… photo collector assurée…
Un artiste génial qui a décidé de se montrer à nu, avec ses failles et ses fêlures, ses dualités… une fragilité exacerbée de poète mêlée de fulgurances punk comme sur le titre phare Fuck Forever des Babyshambles.
Ou sur une reprise inopinée de twist and shout, qui laissa de marbre les guitaristes pendant quelques secondes…
Comme l’impression d’assister à un moment singulier et unique.
Une grande qualité musicale mélangée à beaucoup de poésie.
L’ensemble est touchant.
Merci Pete Doherty and friends.
Texte : Nicolas Arnal
Photos : Nicolas Bouchet
















