Six ans.

C’est le temps qu’il aura fallu attendre depuis Punisher pour retrouver Phoebe Bridgers seule aux commandes.

Entre-temps, il y a eu boygenius, des collaborations prestigieuses, une vie sentimentale scrutée à la loupe, la disparition de son père… Bref, largement de quoi remplir un disque.

Et Lost Weekend ne cherche justement pas à faire semblant que rien n’a changé.

Sur 17 titres, Phoebe Bridgers transforme le deuil, les ruptures, les souvenirs et les contradictions en une matière musicale étonnamment douce.

Sa voix reste cette petite chose fragile qui semble pouvoir se briser à tout moment, mais autour d’elle, la production s’est considérablement ouverte : guitares shoegaze, nappes électroniques, arrangements fantomatiques et quelques échappées beaucoup plus lumineuses.

« Bobby », « Still Standing », « I Can’t Wait » ou « The Governor’s Waltz » montrent une artiste qui n’a plus besoin de choisir entre tristesse et espoir. Elle peut être les deux en même temps.

Et c’est probablement ça, le vrai tour de force de Lost Weekend : Phoebe Bridgers n’est plus simplement la reine des chansons tristes. Elle est devenue une formidable conteuse des zones grises.

Un album qui ne demande pas forcément à être aimé à la première écoute.
Il demande juste qu’on reste un peu.

Et bonne nouvelle pour celles et ceux qui voudront vérifier tout ça en vrai : Phoebe Bridgers sera à Paris le 4 décembre 2026, pour l’une des dates européennes de son Lost Tour >>> TICKETS