Mercredi 15 avril. 2026, Toulouse. Le bijou.
Nous découvrons ce soir un jeune artiste de la scène rock Française : PRATTSEUL pour la release party de son premier album sorti fin mars : Blizzard Moderne.
Simon de son prénom, arrive sur scène accompagné de sa guitare électrique.
Le batteur, Guillaume, paré de lunettes noires lui emboite le pas.
Le bijou, salle bien connue de la scène émergeante toulousaine, s’est récemment refait une beauté et permet depuis mars 2026, une jauge debout de 177 places. La petite scène n’empêche pas une esthétique millimétrée, costume 3 pièces pour nos deux acolytes, chaussures cirées et cravate jabot, le look et la posture du dandy chic
anglais teinté d’un léger surréalisme.
PRATTSEUL nous propose un son résolument rock, mais délivré comme un conteur d’histoire plutôt qu’une performance scénique.
Les chansons sont introduites, par quelques mots qui viennent nous plonger dans un univers onirique mais également très proche d’une réalité parfois « pesante » comme l’évocation de la grande pauvreté, élément choquant lors de son arrivée à Paris il y a trois ans ou encore, plus tard dans le concert, quand il évoque la maladie d’Alzheimer en rendant hommage à sa grand-mère.
Chaque échange avec le public sur ces sujets intimes et profonds impose un silence d’une qualité assez folle. Il sait capter notre attention pour mieux nous bousculer en suivant, par des riffs énergiques et incisifs.
Le batteur, survolté, l’accompagne de façon sèche et puissante. De plus, très discrètement, dans une logistique matérielle presque invisible, il complète les mélodies par des nappes sonores incluant lignes de basses et de claviers.
PRATTSEUL est un projet indépendant où le chant en français est au centre. La musique rock puissante plante le décor permettant de raconter l’histoire et de transmettre le message. En effet, Simon est une personne solaire qui développe un univers poétique et romantique à travers un son brut.
Il évoque ses influences forcément rock sans nous donner de nom mais on pourrait facilement tirer des filiations avec des d’artistes de la scène francophone comme BB Brunes, Deportivo ou encore Gaétan Roussel ou les belges de Ghinzu.
Il n’oublie pas de remercier intensément la femme qui l’accompagne dans la vie, de façon sincère et touchante et nous propose même à nous public, pour celles et ceux qui sont venus en couple, de simplement dire je t’aime ou un mot doux… « Tes frites sont exceptionnelles » nous glisse-t-il, de façon drôle et spontané.
Les échanges continuent et permettent de nous préciser le caractère indépendant de son projet, où chaque personne qui travaille à ses côtés est une fourmi travaillant dans la grande fourmilière.
Une somme de petits actes qui forme un grand tout, restant cependant dans une forme artisanale et authentique utilisant une jolie métaphore de « fourmis sans outils »
Un univers poétique et sincère flirtant avec le conteur d’histoires… avec parfois des chutes… un peu déjantées.
Guillaume, le batteur nous propose lui, quelques petits pas de côté musicaux quand il accompagne débout notre chanteur, sur un mini-synthétiseur de poche.
Ou bien encore, quand il chausse un harmonica, pour nous proposer des notes aériennes et planantes comme fond sonore d’un western-spaghetti avec Enio Morricone à la baguette.
Certains titres de ce nouvel album, comme Blizzard moderne, Wabi Sabi ou Dogface ne manquent pas d’enflammer un public réceptif. Quand soudain, finissant sa partition, notre invité du soir disparaît rapidement en lançant « bonne soirée » comme jeté en l’air.
Il revient pour le rappel vêtu d’un manteau de fourrure bleu qui apparait sur la pochette de l’album.
Une balade sobre et élégante, harmonica et arpèges. Quand la rythmique reprend le dessus le public emballé semble ravi d’avoir assisté à ce concert.
Il profite pour remercier tous les partenaires du projet. Artiste complet, Simon écrit, compose, interprète et co-réalise tous les visuels du projet mais est entouré de plusieurs « fourmis qui travaillent dans l’ombre » pour la logistique, le son, la lumière, le merch…
Pour finir il nous fait part d’un rêve qu’il a envie de réaliser. Ou de faire réaliser.
Quelque chose de très rock justement. Mais qui passe par le corps… par le public, à savoir le Slam. En version Iggy POP plutôt que Grand Corps Malade…
Il invite donc une personne du public à réaliser ce rêve et demande à l’audience présente aux premiers rangs de créer un socle commun.
La mélodie qui l’accompagne offre une dualité, vacillant entre sonorités très douces, des notes perchées avec beaucoup de réverb’ et une fin de morceau brutale avec des effets de distorsion et de saturation presque garage.
Originaire de Toulouse. Il était un peu à la maison. Ce qui lui permet de terminer en beauté, par lui aussi, une traversée du public à l’horizontale.
Un projet sincère et habité où la rage du rock brut se mélange à une mélancolie solaire et chaleureuse. Comme une lumière dans le blizzard… Qui ne manquera pas dans les prochains mois de trouver des écrins à la hauteur de son talent.
Organisateur(s) de festival et programmateur(s) de SMAC, préparez vous : PRATTSEUL débarque avec son premier album et son univers rock riche en couleurs.
Merci PRATTSEUL.
Textes et photos : Nicolas Arnal



