17 juin 2026
Rio Loco, édition 2026, c’est un grand bravo !
Rendez-vous incontournable annonçant l’été, le festival Rio Loco s’est installé du 10 au 14 juin, sur la prairie des filtres pour une 31ème édition.
Incroyable moment de vivre ensemble, cet événement rassemble les toulousaines et les toulousains le long de la Garonne pour une multitude de concerts et d’événements associatifs et culturels.
Festival de musiques du Monde au sens large du terme, plusieurs territoires sont représentés cette année autour de la rencontre des musiques insulaires :
Tahiti, La Réunion, Cap-Vert, Martinique, Les Canaries, Japon, Angleterre, Jamaïque, Madagascar, Cuba, Haïti, Maurice, Mayotte, Trinité et Tobago, Nouvelle Calédonie,…
La liste est longue et les styles variés.
Le choix fut cornélien dans cette générosité d’offres musicales.
Des découvertes incroyables, Makoto San et F-Mack,
aux plaisirs attendus comme Roberto Fonseca, Ky-mani Marley, Buena Vista All Stars ou encore l’immense Morcheeba dont je me remets tout juste.
Les premiers cités, Makoto San, collectif marseillais cultivant une improbable singularité.
Créant une techno organique, Techno-Bamboo comme il est écrit dans la présentation, les quatre musiciens proposent des sonorités hybrides entre nappes electro aux basses puissantes et percussions sur des instruments en bambou.
Une énergie rythmique dingue scénographiée de façon simple et graphique.
Quatre musiciens dont un DJ.
Pulls à capuche blanc, survet’ noir.
Masques noir et blanc formant des cibles sur leurs visages.
Entre escrime et théâtre kabuki.
Entre rave-party et cérémoniel.
Entre mysticisme et lâché prise.
Le plaisir fut total.
Autre découverte tonitruante, F-Mack, artiste haÏtien vivant à Mexico, nous invite à bouger nos corps sur une fusion énergique mélangeant funk, rock, jazz et soul.
Ces multiples influences nourrissent ses compositions et le résultat est surprenant.
A noter deux reprises de grande qualité, Proud Mary de Tina Turner et Purple Rain de Prince qui laissent le public en sueur…
Place maintenant aux artistes internationaux qui viennent apporter leur pierre à l’édifice.
Tout d’abord, Roberto Fonseca, pianiste cubain qui revient un an après son annulation à ce même festival suite à un arrêt préfectoral de dernière minute.
Toujours avec son chapeau légendaire, il est de retour en bonne compagnie puisqu’il ramène dans ses bagages une création inédite avec des invités comme Fanny J, Ebony, Ruzzo MC et David Walters.
Véritable métronome du groupe, il emmène le jazz visiter des contrées inexplorées.
Vers le hip-hop ou l’afro-trap avec notamment les guest précédemment cités.
La virtuosité de ce géant du jazz ne peut laisser personne indiffèrent et une telle générosité est vraiment communicative.
Autre île mythique de la mer des Caraïbes, la Jamaïque fut multi représentée dans cette édition.
Et notamment par un des fils de l’icône de la nation, Bob Marley.
Ky-Mani qui a su depuis près de 30 ans se faire un prénom dans l’industrie musicale avec son approche singulière mêlant reggae et hip-hop.
Accompagné de musiciens et choristes jamaïcains, il nous propose un set mélangeant ses chansons phares comme Hustler ou Rules my heart avec les titres légendaires de son père, leader des Wailers.
One love, Crazy baldhead, Rebel music ou encore Three Little Bird, autant de mélodies que le public connaisseur, pouvait chanter à tue-tête.
Enfin, le clou du spectacle (pour Gigsonlive bien-sûr), et ceci n’est pas énoncé chronologiquement car ce moment précieux arriva dès la deuxième soirée du jeudi.
Je veux parler du duo anglais Morcheeba, un des groupes fondateurs de la vague Trip-hop qui émergea dans les années 90.
La chanteuse Skye Edwards, son guitariste et arrangeur Ross Godfrey et l’ensemble des musiciens nous ont offert un concert d’anthologie mêlant atmosphères planantes et élégance rare.
Entre sonorités syncopés du reggae et puissance émotionnelle de la soul, une ambiance nuageuse de mystère et de transcendance transporta le public dans un voyage feutré.
Un véritable moment suspendu qui restera gravé dans les mémoires du festival.
Plus de 100 000 personnes furent au rendez-vous de cette thématique Insulae.
L’ édition 2027 sera l’occasion en juin prochain de faire la lumière sur ce qui se passe la nuit autour du thème Noctiluca.
Nous avons déjà hâte de poursuivre la rêverie.
Merci Rio Loco pour cette île de liberté.
Continuez de créer des moments fédérateurs.
On sera là !!
Texte : Nicolas Arnal

