Vendredi 21 novembre, le Zénith, Toulouse
Matthieu CHEDID est un artiste qui se vit en spectacle.
Et c’est aujourd’hui un moment particulier car il revient avec le collectif LAMOMALI.
La colonne vertébrale de ce projet créé en 2017 était tripartite.
Notre guitare héro poète, -M-, la déesse malienne Fatoumata DIAWARA et le regretté griot joueur de kora Toumani DIABATÉ qui nous a quitté en 2024.
Ce collectif protéiforme peut varier selon les énergies en présence. Il n’est pas rare en effet que des invités locaux (ou pas) viennent participer à la fête et nourrir ces moments de partage.
Le zénith de Toulouse accueille cette joyeuse troupe pour deux soirées. On peut imaginer les ambitions…
Chose rare dans un concert de -M-, une première partie vient chauffer l’ambiance…
Originaire du Cameroun, OKALI, un groupe de deux musiciens et une chanteuse, tous vêtus de blanc, propose par une ouverture a cappella une ambiance sacrée et solennelle qui allie chant puissant et rythmique rock psychédélique et tribale. Une introduction avec énergie et joie qui permet de se mettre en jambe pour le marathon qui va suivre…
Une scénographie comme une place de village africain, avec au centre, le totem LAMOMALI, coloré et lumineux, symbole de leur ami Toumani.

L’entrée se veut simple et populaire, par la salle, en marchant main dans la main, nos deux héros traversent la foule dans leurs habits de lumière. -M- tout en doré et paillettes et Fatou, en divinité africaine arborant une coiffe majestueuse forment se couple royal et ouvrent le bal sur « Je suis Mali » et « Amsettou » imposant directement l’ambiance joyeuse et festive.
La soirée va sans cesse jouer avec les paradoxes. Le spectacle se veut grandiose et intimiste, et les références locales ou intemporelles…en témoignent quelques riff de guitare tirés des Pink Floyd ou de AC/DC ainsi que des accords de synthé de Master Blaster de Stevie WONDER.
Les titres s’enchainent et les moments d’intensité se succèdent.
Un instant suspendu pour l’hommage à Toumani, un silence de 10000 personnes, assourdissant de respect et d’amour vient préparer le terrain à des échanges avec le public.
Mathieu nous raconte sa découverte de l’Afrique et son premier voyage au Mali avec son ami Oxmo Puccino, membre du collectif LAMOMALI – mais non présent ce soir à Toulouse.
D’autres artistes maliens font partie de sa famillle, comme le couple Amadou et Mariam, dont le premier nous a aussi récemment quitté…
La transition est parfaite pour nous amener sur les terres maliennes de -M- avec la chanson MamaSam.
Après s’être longuement recueilli , le public est en feu et les braisent vont durer…
Une nouvelle version de « Je dis M » en duo avec Lubiana, nouvelle recrue du collectif, chanteuse et joueuse de kora, l’ensemble finissant sur un solo mythique de Jimi Hendrix.

Le grand écart est superbe entre la poétesse Andrée Chedid, autrice de ce morceau, et le roi Jimi, dont Mathieu voue un culte chamanique et poursuit depuis plus de trente ans l’héritage de la rock star.
Autre roi mis à l’honneur ce soir, Bob MARLEY, par une reprise de Three Little Bird mutant en medley One Love.
La folie dansante se poursuit avec le combo, Manitoumani – Bal de Bamako – Machistador qui met littéralement la fosse en ébullition. Les gradins connaîtront eux aussi leur moment de gloire, lors du traditionnel passage dans les travées en courant où techniciens et ami photographe, qui filent sa trace, auront je l’espère choisi les bonnes chaussures pour suivre notre marathonien.
Toujours une grande fraternité avec son public, avec les enfants ou les personnes en situation de handicap avec qui il partage des moments aussi forts que fugaces, le tout dans un grand cri collectif « Je t’aime ».
Cette énergie folle doit bien retomber à un moment…
Dernier instant intimiste sur « Mon âme » permet de conforter l’étreinte entre deux êtres.
Des âmes sœurs qui ont su se trouver.
Deux faces d’une même pièce, un lien entre deux mondes…sur la même fréquence vibratoire.
À l’image de ce collectif métissé, le spectacle fut total, coloré, dansant, joyeux, émouvant et envoûtant.
La musique créé des ponts entre les continents.
Et entre les générations…mes enfants ont vécu ce moment pour la première fois…quelle joie.
Merci Maître -M- et Merci Reine Fatou.
Merci LAMOMALIE
Texte : Nicolas Arnal
Photos : Nicolas Alléguède











































